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A CAUSE DES FEMMES JALOUSES
Même s’ils avaient déjà fréquenté les côte de Madagascar à l’époque d’Henrie IV,
les Français ne se résolurent à l’installer dans la grande île qu’à l’époque de Richelieu qui en 1642 y envoya la Société française
de l’Orient pour en prendre possession officiellement et y planter le pavillon Français dans la baie de Saint Luce.
Cette prise de possession ouvrit la route à de nombreux immigrants car de 1643 à 1644 des navires transportèrent à Madagascar
quelques deux cents personnes, sous les ordres de Pronis et de Foquembourg, nommés agents de la Société.
Ces derniers y établirent, d’abord, le siège de la Compagnie, avec des comptoirs à Fenoarivo et à Mananara,
mais l’insalubrité de ces régions les forcèrent à les abandonner et à se fixer alors dans la presqu’île de Tolognaro
où ils bâtirent un fort, auquel ils donnèrent le nom de Fort-Dauphin.
Ce fut, dans ce lieu que se succédèrent les différents gouverneurs au comportement varié car il y eut des bons et de mauvais,
étendant leur autorité sur leurs hommes qui n’eurent rien de plus pressé que de se marier avec les filles
du pays et d’en avoir des enfants.
Suivant la coutume, quand un homme prenait une femme après avoir offert un cadeau à ses beaux parents,
le mariage était considéré comme effectif et ce fut donc en tant qu’épouses légitimes aux yeux de la communauté
que ces femmes vécurent aux côtés de leurs maris étrangers et menèrent avec leurs enfants une existence paisible.
Puis ce fut la grande tornade car, en 1672, un navire devant transporter des jeunes Françaises de France pour l’île Bourbon (la Réunion)
où elles devaient devenir les épouses des colons qui étaient installés fut surpris par une tempête et fit naufrage,
non loin des côte Malgache.
Sauvées, les jeunes filles résident dans le fort ce qui changea la situation car les colons déjà mariés s’empressent de s’unir devant le prêtre,
suivant la tradition catholique, avec leur compatriotes, en abandonnant leurs épouses Malgache avec leurs enfants.
C’es dernière n’apprécièrent guère d’avoir été délaissées ainsi et décidèrent de se venger en attendant
le meilleur moment pour passer à l’action, après avoir reçu le soutient de leur communauté qui concocta avec elle
un plan infaillible leur permettant ensemble de sauver l’honneur bafoué de toute la tribu.
Tout le monde savait que, tous les ans, dans la nuit du 24 au 25 Décembre, tous les Français,
sans exception, se rassemblaient dans la chapelle pour assister à la messe de minuit,
aussi les conjurés réalisent-ils leur vengeance pendant la nuit de Noël 1672,
en massacrant tous les Français sans défense et aussi leurs nouvelles épouses.
Certains survivants eurent la force d’allumer des signaux de détresse sur la côte, signaux aperçus par le gouverneur de la Bretesches
qui venait de prendre la mer pour quitter définitivement le pays et qui mètre à la mer une embarcation pour recueillir
à bord les rares fugitifs qui purent se sauver à la nage.
Ces derniers furent alors déposés à l’île Bourbon ( la Réunion) où ils furent la souche de la première population sédentaire
mais cette tragédie eut des conséquences désastreuses sur les prétentions territoriales
Françaises car la colonie qui connut des hauts et des bas fut presque abandonnée et il ne resta plus qu’une petite garnison
dont les soldats furent définitivement chassés par le gouverneur Ramanolona, sur ordre du roi Radama 1 er en 1822 :
la colonisation Française à Fort Dauphin avait vécu définitivement, à cause de la jalousie de femmes.
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